L’embarquement
AB Signature Paris est née d’un aéroport plus que d’une adresse. Paris, pour A. et B., n’est pas un siège : c’est la porte d’où l’on part — la nuit qui commence derrière un hublot, la promesse d’une île au matin. Deux passionnés de parfumerie de niche, deux tempéraments, une même direction. Ils ont choisi de ne donner que leurs initiales : le reste appartient aux parfums.
- Le Centaure
- Deux tempéraments, une même monture. Le taureau — la force tranquille, la patience. L’archer — l’élan, la visée, l’horizon.
- L’Arc
- L’arc porte l’amour — tendu, patient, précis. La flèche part ; l’empreinte reste.
- L’Or
- Il traverse les siècles sans perdre son éclat. Sur chaque bouchon, il scelle la promesse.
- Paris
- Pas une adresse : un embarquement. La porte d’où partent les voyages qui nourrissent chaque création.
Les voyages
Le rythme de la maison est réglé comme une respiration : deux à trois départs par an, jamais plus. Un voyage se mérite — il s’attend, se prépare, se gagne. C’est dans cette attente que naît l’envie ; c’est au retour que les carnets se remplissent.
Avril 2023, la Polynésie française : trois semaines sous la voûte étoilée, et la nuit sacrée de Moorea qui entre dans le carnet pour ne plus en sortir. Novembre 2023, les Seychelles : le granit et la lumière, le plein midi de La Digue — blanc, calme, exact. Avril 2024, Aruba : deux semaines au bout des alizés, le couchant qui embrase la mer.
Puis la Méditerranée et l’Atlantique : la Sardaigne à l’été 2024, l’Algarve à l’automne, Fuerteventura en plein hiver — le coup de cœur des alizés —, la Crète au printemps 2025, Santorin à l’été. Huit îles en deux ans. Trois ont déjà donné un parfum ; les autres attendent leur heure, quelque part dans les pages.
Des îles, on rapporte ce qui ne s’emporte pas : des heures, des lumières, des odeurs.
Le brief
Deux ans de carnets finissent par peser. Un hiver, ils deviennent un document : six créations imaginées, trois versions demandées pour chacune — dix-huit mouillettes attendues du nez. Le cahier des charges ne négocie rien : extrait de parfum, huit à douze heures de tenue exigées sur peau, conformité stricte. Puis le brief part chez le nez.
3 versions du nez par création
Le document existe. Il restera scellé — seules les trois références qui en sont nées le racontent.
La main
Guillaume Cresp, à Grasse, a répondu par dix-huit propositions. La règle de la maison est sans appel : un parfum doit vous gagner à la première rencontre, ou disparaître. Il n’y a pas eu de deuxième essai. Trois références ont survécu — pas une de plus.
Le temps a fait le reste. Quatre à six semaines de macération, sans hâte : l’extrait se noue, s’approfondit, trouve son fond. Les créations sont portées des mois durant par l’entourage — sur peau, à toutes les heures — avant d’être signées. Les flacons sont dessinés dans la maison ; l’embouteillage se fait par leurs soins. Rien n’a été laissé au hasard.
Si un jus ne vous gagne pas et ne provoque aucune émotion, il faut le jeter.
Trois chapitres paraissent
Trois îles, trois heures du monde, trois extraits de parfum à 25 % — chacun gravé de son île, scellé d’or — son étui voyage 10 ml édité à 300 exemplaires. Pas un de plus.
Février 2027 — l’embarquement
est déjà réservé
L’île Maurice attend. D’autres pages s’écrivent déjà — les prochains voyages ont leurs carnets, et ils ne paraîtront qu’à leur heure, en éditions limitées, jamais autrement. C’est ainsi que la maison avance : de voyage en voyage, pour que l’envie ne s’éteigne jamais.